Direction les cols Alpins ,une préparation pour un départ en régle
Avis d'un motard qui a pris le temps de lire ce blog jusqu'au bout:
"Les motos GT n'ont jamais été aussi confortables, puissantes, efficaces. Et pourtant, il se trouve toujours des motards pour décider de traverser l'Europe en sportive, avec une passagère portant sac à dos, tente et barbecue, de son (presque) plein gré. Ceux-ci vous diront que la moto, ça s'apprécie comme ça, loin de tout le confort des palaces roulants.
Mais ces mêmes motards, certains d'être de la famille des culs d'acier en enfilant les bornes sur des motos taillées pour le circuit passeront pour des douillets du fondement à la lecture de ce magnifique récit tiré d'un site portant très bien son nom : Sur les traces de ceux qu'on appelait "Les Voyageurs".
C'est au guidon d'une Terrot 350 Latéral de 1928 (oui, vous avez bien lu !) que s'est faite cette aventure.
Le blog regorge d'anecdotes en tout genre, comme on peut s'y attendre pour un tel périple avec une moto de cet âge là. Je vous laisse également découvrir les photos, à la fois splendides et étrangement anachroniques... car en couleurs.
Bravo à ce Voyageur qui a ici gagné une majuscule, de noblesse.
Merci "PtitLu", tu as semble t'il bien compris le message ...
Ca germait dans ma tête depuis quelques temps, les grands cols des Alpes dont l'Iseran, la plus haute route d'Europe. . . Mais avec une moto "normale" ,c'est peut être un peu trop facile comme balade. J'ai d'ailleurs déjà fait ce genre d'itinéraire il y a quelques temps avec ma BM.
Je me prépare donc psychologiquement à partir avec ma modeste Terrot 350 latéral. . .
A ce moment, je me suis dis "tu es vraiment malade de faire ça" ou alors "tu es sur que cette machine tiendra et te ramênera mais tu es malade de le penser " Dans les deux cas, rien ne peut m'empêcher d'y aller.
Il faut dire que j'ai été embêté mécaniquement en allant aux coupes moto légende à Dijon fin mai , probléme de magnéto,moteur qui chauffe à cause du carbu non adapté, etc. . .J'ai trouvé quelques jours avant de partir un induit de magnéto et un carbu mieux adapté,et j'ai changé également le petit pignon de distribution qui était usé.
Comme toujours, séance de mécanique 2 jours avant de prendre la route, j'en ai aussi profité pour monter mon phare et installer la dynamo "NOVI" devant le moteur, un morceau de courroie cuir et un bout de fil de fer comme agrafe assureront la rotation de la dynamo.
Aprés ces quelques détails mécaniques, je commence à charger mon fidèle baudet, j'ai fixé les deux repose pieds passagers du côté droit, ce qui me permet de poser ma tente sur de bons supports et par dessus, la valise vient prendre place .Pourquoi une valise ? parce que je pars en voyage bien entendu. . .
Le chargement final prête toujours autant à sourire, non, ce n'est pas pour figurer lors d'une balade entre amis le dimanche aprés midi, je compte réellement prendre le chemin des Alpes et des gros cols,malgrés que la météo ne soit pas prévue au beau fixe pour la semaine.
Avant un voyage, j'ai toujours un peu d'appréhension qui me fait prendre conscience ou plutôt inconscience de mon projet, et il y a aussi cette envie de le faire qui me pousse à ne pas me poser de questions. . .Je pars toujours avec la certitude d'avoir des soucis mécaniques, c'est pour ça que j'ai tant d'outils, j'ai également cette année une magnéto de secours et un autre induit , le tout issu de vieux stocks d'origine.De toute maniére, si je tombe vraiment en panne, je peux camper ma tente à l'endroit où je suis .
J'ai posé une petite semaine de congé du 13 au 19 Juillet et le jour J est enfin arrivé.
Je vais prendre les routes
Il est 15h00 et je me décide à prendre la route, j'ai laissé passé ce matin le plus gros de la pluie qui dégringolait sur les Vosges, je fais une étape à Baume les Dames chez mon ami Steve ce soir. 120 km environ pour aujourd'hui , une petite balade . . .
Vidéo ci dessous, la machine tournante prête à partir.
http://www.dailymotion.com/user/roubier/video/xarhyd_moto-terrot-350-lheure-du-depart-le_auto
Un bidon de cinq litres d'essence et un de deux litres d'huile prennent place sous mon sac de couchage, il y a également un bidon d'huile sur la fourche.On peut remarquer aussi le disgracieux couvercle de bombe de peinture attaché devant le carburateur, avec le gros gicleur que j'ai mis, ça a tendance à refouler à bas régime.
Fin prêt pour le départ, voici à quoi ça ressemble, la derniére fois que j'ai vu ça, c'est dans un musée du débarquement sur un mannequin en tenue de parachutiste. . .Dans le sac US, il y a les habits de pluie et le gilet fluo qui va couvrir mon baluchon quasiment tout au long du trajet, même si ça fait pas beau, n'oublions pas que je ne roule pas vite.
J'y vais . .
Panne séche. . .
Je roule tranquillement en passant entre les gouttes, les lunettes à pans coupés sont plus pratique par temps de pluie. . .
Trajet sans probléme, à vitesse modérée, c'est la panne séche à 7 km de Baume les Dames.
Pas de probléme, je décroche le bidon, j'estime avoir fait depuis le plein 150 km, ce qui me fait une consommation de plus de 5litres/100, le gros gicleur et le chargement se font ressentir. Normalement, un 350 latéral était donné pour 3,5l/100 par Terrot.Pourquoi j'ai mis un gros gicleur, en apportant un mélange plus riche en essence, le moteur chauffe moins, vu ce que je dois faire avec, c'est pas du luxe. La manette d'air permet également de régler le mélange. 
Il est bientôt 18h00, J'arrive Steve, prépare l'apéro. . .
Quelques minutes plus tard, j'arrive à Baume les Dames, les rues étroites de cette petite ville permettent à Steve d'être prévenu de mon arrivée .
Steve, un ami de longue date est imprimeur mais également photographe plasticien, Taper sur le net Steve Seiler permet vite de cerner l'individu.
Individu avec lequel la consommation avec non modération de certains breuvages pourrons donner ce genre de photos . . .
Je me prépare à reprendre la route
Petite promenade dans les rues de Baume ce matin , le temps est médiocre mais il ne pleut pas.
Aprés un bon repas je recharge tout le bazar sur la moto, Steve me donne un vieux pain rassis,une boite de Mont d'or, signe de mon passage dans sa région (les boites sont vides heureusement. . .)et une vieille boite de maquereaux des année 50 pour "décorer" encore plus la moto.C'est vrai,ça manquait il fallait bien ça pour accompagner la bouteille de rouge solidement fixée avec des lanières en cuir. Il me fait alors promettre de ne pas les perdre en chemin...
Il me donne aussi cet entonnoir afin de ne pas renverser trop d'essence en vidant mon bidon de secours, il n'avait pas le modéle en tôle qui aurait été mieux. . .
Le poids sur l'arriére de la moto doit approcher la cinquantaine de kilos lorsque mon baluchon est posé. . .Béquiller et débéquiller cette machine étant trés pénible, cette petite cale de bois sous le cale pied m'accompagnera tout au long du voyage.
Le panier est rempli d'outils au cas où. . .
Derniére photos avec la voisine, conscrite de ma monture avant d'y aller une bonne fois pour toute, Il est 15h00,si je n'ai pas de probléme sur la route, je devrais arriver à Saint Gervais vers . . . 23h00 ( en me basant sur le temps que j'ai mis l'an dernier, 8h de route)
Oui, j'ai toujours aimé me faire remarquer. . .
Une bonne routiére qui ne rechigne pas
Je descends tranquillement par la D50 vers Valdahon puis par la N57 direction Pontarlier, sur le plat, la moto tient une bonne cadence.
Je m'arrête de temps en temps pour faire 2 ou 3 photos, j'ai un petit pied sur lequel je pose mon appareil
Tout va bien, je passe la douane avant Vallorbe, des douaniers se sont encore bien marrés. . .
Vidéo ci dessous: ça monte rude, j'ai l'impression de conduire un tracteur...
http://www.dailymotion.com/user/roubier/video/xarhsd_terrot-350-qui-grimpe-bruit-moteur_auto
Ah . . . la Suisse. . .Il y a une déviation au dessus de Vallorbe, ça me fait passer par une petite route sympa.
Direction la vallée de Joux, puis le col de la Faucille.
J'arrive à la Faucille ,il est 20H00, pas grand monde à cette heure ci et pourtant. . .
Deux minutes plus tard. . .
Malgré mon retard,je vais quand même rester là une demie heure pour discuter avec des motards.
Je redescends la Faucille, le soleil commence à se cacher, je vais me "paumer" dans Genéve en suivant la direction France (mais qui me ménera à l'autoroute) ce qui va m'obliger à retraverser la ville. . .
Je sors de Genéve vers 21h30, il me reste 70 kms, avec une pause essence à faire à Bonneville.
J'ai fais cette photo en roulant bien entendu, la montre indique l'heure juste, j'arriverai chez mes parents à Saint gervais les bains vers 23h00. . .
Y'a des moments où je n'ai vraiment pas envie d'avoir une panne, mais à force, je n'y pense plus. . .
Sur la route des grands cols. . .
16 juillet 2009, c'est aujourdhui que je vais tenter "le" col de l'Iseran, en passant par Flumet, le col des Saisies, Cormet de Roselend, puis descente sur Bourg Saint Maurice avant de remonter sur val d'Isére et l'Iseran .J'essayerai de dormir dans un camping vers Lanslebourg de l'autre coté du col.
Aprés une courte nuit, je prends cette route, c'est jour de marché à Saint Gervais et mon pére est parti se proméner avec son appareil photo.
Direction Mégéve, puis Flumet où je vais refaire le plein du reservoir (8 litres seulement. . .) et du bidon de 5 litres de secours.
La rigolade est terminée, la grimpe va commencer , j'attaque les Saisies, depuis Flumet, ça débute fort.Pourcentage de pente élevé, en premiére à regime modèré ça va trés bien, je roule au pas et ça va étre ça une bonne partie de la journée. . .
La montée se fait sans souci, je profite pleinement du paysage. . .
Premier col "gravi", photo souvenir devant la pancarte. . . appareil photo sorti trop lentement, un touriste motard est déjà là. . .
Je continue ma route, il fait un temps magnifique.
Vidéo ci dessous: la grimpette continue, aprés Beaufort
http://www.dailymotion.com/user/roubier/video/xar5hh_terrot-350-en-montagne-ca-grimpe-et_auto
En fond, le barrage de Roselend juste aprés le col de Méraillet, je sors encore mon appareil avec du retard, mais quelle est cette brusque envie qui leur prend à chaque fois que je m'arrête ?
Ca chauffe, et la montée est loin d'étre terminée.
Pause casse croute avant le Cormet de Roselend et j'entame la descente sur bourg saint maurice.
Pour la descente, les freins fument. . .il faut anticiper à l'approche des lacets, sur l'ensemble de mon parcours, il y aura eu tout de même quelques bonnes frayeurs.
Passé Bourg saint Maurice, c'est à nouveau la grimpe interminable,
J'entend souvent quand je m'arréte pour une photo "t'es en panne?" Non, pourquoi cette question?
Un autre beau lac, celui de Tigne
Arrivée sur Val d'Isére, direction la station service à nouveau
Un voyageur Italien et son scooter
La derniére montée de la journée, l'Iseran
Ma pauvre monture va devoir être à nouveau bien vaillante, je vais mettre 1h30 (arrêts photos compris) pour faire les 17kms qui ménent au col, tout en premiére bien sur. . .Le cycliste sportif ne doit pas mettre bien plus de temps.
Je vous garantie que lorsqu'on en arrive là avec "ça" comme moto, le paysage a une toute autre saveur.
"Y'a des jours où je ne regrette pas de me lever tôt!"
Hé oui Steve, ta vieille boite de maquereaux à déjà fait du chemin. . .
La boite de mont d'Or aussi. . . et la bouteille etc. . .
A partir d'une certaine altitude, démarrer au kick devient pénible, je dois même à plusieurs reprises redescendre en roue libre pour pouvoir redémarrer.
Prise de risque supplémentaire. . .le ravin n'est pas loin
Le but de ce voyage est atteint.
J'ai une pensée pour mes amis de l'arbracam qui sont passés là il y a quelques temps. . .
L'Iseran en vidéo, ça donne ça
Arrivée au col de l'Iseran...
http://www.dailymotion.com/video/x9wddd_terrot-350-1928-pari-reussi-gravir_auto
Le cauchemar des marmottes, qu'elles me pardonnent de les avoir enfumées...
http://www.dailymotion.com/video/x9y0un_terrot-350-remontee-dhuile-en-desce_auto
Descente sur la vallée de la Maurienne
L'Iseran, un col routier ouvert en 1937 pour joindre les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne.
Quelques photos encore et je redescends.
Fidéle cale de bois, tu me sers bien. . .
Il fait bon ce soir, c'est le temps idéal, je reprends mon chemin, la route traverse une partie du parc de la Vanoise.
Arrivé en bas, je jette un coup d'oeil sur le bulletin météo de l'office du tourisme de Bonneval sur Arc. Pour demain, ça devrait aller, mais dans 2 jours, on attend de la neige sur le massif. . .
Bien, je vais trouver un endroit où dormir, ce soir, je n'ai pas trop envie de monter ma tente dans un camping, je trouve à Bessans une petite chambre d'hotel pas trop cher avec garage pour la moto.
17 juillet. Aujourd'hui c'est le Galibier qui m'attend. . .
Ce matin c'est couvert sur les sommets, Le temps se gâte. . .
Magnifique vue sur un des forts de l'Esseillon à quelques km de Modane
J'arrive bientôt à Saint Jean de Maurienne, je vais m'arrêter pour prendre un café , ce matin , même le bruit du moteur a du mal à me reveiller. . .
Ca m'amuse toujours de voir ça, les gens en général sont intrigués par ce qui n'est pas "normal", à premiére vue, ce que regardent ces gens ne l'est pas , si toutefois une "norme" devait exister . . .Suis je moi même normal ? peut être pas. A méditer. . .
Je recroise Martin à Saint Michel de Maurienne ,un motard Suisse avec qui j'ai discuté la veille.
Aprés le café, j'attaque le col du télégraphe, en premiére bien sur à la vitesse de 10km/h environ je vais mettre plus d'une heure pour arriver à Valloire.
Pause photo à Plan Lachat, un endroit superbe juste avant la grosse grimpette du Galibier. Le ciel se dégage, que demander de plus ?
Vidéo faite par Martin le motard Suisse: http://www.youtube.com/watch?v=U23jcvpCMnw
Sous un autre angle :http://www.dailymotion.com/video/xachw0_manu-sur-sa-terrot-350-filme-dans-l_auto
Autre vidéo : "ça n'avance pas vite , mais j'arriverai quand même en haut ." http://www.dailymotion.com/video/x9y17v_terrot-350-montant-le-galibier-manu_auto
Même des motards font demi tour pour faire des photos, c'est le cas de ce voyageur Allemand en R80rt, ça m'amuse, surtout quand on me demande d'où je viens et où je vais. . .(enfin quand je me fais comprendre, je ne parle pas Allemand)
Voilà à nouveau Martin sur sa Yamaha, ça me rappelle une certaine fable qui parle d'une tortue et d'un liévre. . .
Et ça grimpe à nouveau, derniére "ligne droite"
Avant d'arriver en haut, sur la derniére portion du Galibier qui grimpe le plus, des gens m'ont vu aider la pauvre machine de mes jambes car elle s'arrêtait même en premiére plein gaz. Pourcentage de côte trés important, altitude,richesse du mélange, chaleur, quel vaillant latéral, pas une seule amorce de serrage . . .
Trouvé sur le net, des photos faites par un photographe pro (chez qui j'ai travaillé une saison à l'Alpes d'Huez en 1993...) Montée et descente du Galibier
Bien mérité à nouveau, le paysage. . .
Je précise que je n'ai aucun mérite par rapport aux nombreux cyclistes doublés péniblement (et enfumés).
Ce panneau me fait réaliser que je suis bien loin de chez moi. . .
Descente sur le Lautaret
Je m'arrête au col du Lautaret pour manger, Martin qui discute beaucoup arrive avec sa yam 2 minutes aprés moi.
Le temps se gâte à nouveau, c'est pas trés beau au dessus du glacier de la Meige et cette fois ci, c'est pour de bon.
Steak frites rapide avant de plier bagages, je voulais descendre jusqu'à Briançon, mais ce soir je dois être à Apremont prés de Chambéry chez mon ami Jean Pierre alors ça va faire un peu juste.
LA SUITE DE L' AVENTURE C' EST PAGE SUIVANTE CI DESSOUS































































































